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Jupiter et le transit de satellites joviens

L’animation ci-dessous montre un transit de Io devant Jupiter, lors d’une observation qui a représenté 2h12min. Ce transit permet d’avoir une idée de sa vitesse orbitale : on voit Io faire environ 1 diamètre de Jupiter en projection sur sa surface pendant cette durée. Le diamètre de Jupiter étant de 140 000 km, et en approchant par une droite l’arc de l’orbite décrite par Io, on obtient une vitesse orbitale de Io de 140000 divisé par 7920 secondes (2h12min), soit 17,7 km/s à comparer à la valeur réelle de 17,34 km/s.

Photos au C11 en septembre 2023 et assemblage en GIF par Philippe Martin

La rotation de Io autour de Jupiter a permis à Olaus Römer, en 1676 à l’observatoire de Paris, de montrer que la lumière avait une vitesse finie et d’en faire une première évaluation via le chronométrage des éclipses de Io : il calcula une valeur de 220 000 km/s.

La deuxième animation ci-dessous montre un double transit de Io et Ganymède. Les doubles transits se produisent une à deux fois par mois. Ganymède, en bas de l’animation, apparaît plus sombre que Io en raison de son albédo de 44% à comparer aux 63% de Io.

Photos au C11 en août 2022 et assemblage en GIF par Philippe Martin

Le double amas de Persée

Cet ensemble de deux amas (NGC0884 à gauche, et NGC0869 à droite) est ici présenté en champ large pour le restituer dans son contexte. Ces deux amas, situés à un peu plus de 7000 années-lumière de nous et âgés de 11 et 12 millions d’années respectivement, sont nés du même nuage interstellaire et ne sont séparés que de 200 années-lumière. Ils se rapprochent de nous à environ 40 km/s.
On voit également l’amas NGC0957 en haut et à gauche de l’image.

Photo Loïck Viger, lunette 61 / 270

LDN1622, la nébuleuse du Croquemitaine

Photo Loïck Viger, en coopération avec F. Trébuchet. Lunette téléopérée de 71mm de l’association SADR au Chili. 16h49′ de poses cumulées en HaLRGB.

LDN 1622 est située à environ 1 500 années-lumière au sein de la constellation d’Orion. Comme toute nébuleuse sombre, elle est le lieu de formation intense d’étoiles qui ne peuvent être visibles qu’avec un télescope infrarouge.

« L’œil » brillant de LDN 1622 est une nébuleuse par la réflexion, numérotée vdB 62. L’étoile illuminant vdB 62 est une très jeune naine orange de classe spectrale K2V, qui donne donc une couleur orange à cette nébuleuse. Cette étoile est accompagnée de deux autres étoiles formant un système triple.

LDN 1622 semble se rapprocher vers la boucle de BARNARD, en haut à gauche, immense arc nébulaire d’hydrogène ionisé, dont on ne perçoit ici qu’une petite partie avec l’amas ouvert NGC 2112.

A noter en dessous de LDN 1622, une autre nébuleuse sombre LDN 1621 et, dans le quart haut droit, une goutte nébulaire dénommée PN-G 205.4-11.7, qui fut à l’origine considérée comme une possible nébuleuse planétaire, mais qui est en fait un globule cométaire…

La même image avec quelques repères (objets en vert, étoiles en jaune). Champ couvert : 2,88° x 2,17°

NGC1499 : la nébuleuse Californie

Photo Philippe Karnauch, lunette Vespera 50 mm f/4

Un classique situé dans la constellation de Persée, appelée nébuleuse Californie en raison de sa petite ressemblance avec l’état américain éponyme lorsqu’on tourne l’image d’un quart de tour.
C’est une nébuleuse en émission, située à 1500 années-lumière de nous, où l’hydrogène ionisé est excité par l’étoile Xi-Persei (aussi nommée Menkib), une géante bleue de type spectral O7 que l’on peut voir en bas à droite de l’image.

Le petit nuage de Magellan

Le navigateur portugais Ferdinand Magellan et son équipage eurent tout le temps d’étudier le ciel austral lors de la première circumnavigation de la planète Terre. En conséquence, ces deux merveilles célestes facilement visibles pour les observateurs du ciel de l’hémisphère sud sont connues sous le nom de Nuages de Magellan, même si elles auraient été mentionnées pour la première fois par Amerigo Vespucci. Les civilisations de l’hémisphère sud les connaissaient sûrement depuis bien plus longtemps.
Ces nuages cosmiques sont en fait des galaxies naines irrégulières, anciennes galaxies spirales barrées déformées par les forces de marée de la Voie Lactée. Le Petit Nuage de Magellan, situé dans la constellation australe du Toucan, est un membre du groupe local et se situe à 200 000 années-lumière de nous. Il s’étend sur environ 18 000 années-lumière et contient de l’ordre de 3 milliards d’étoiles.

L’image du bas propose quelques annotations pour se repérer sans trop encombrer la photo : les amas globulaires NGC104 (ou 47 Tucanae), NGC121 et NGC362 ; l’amas ouvert NGC465 ; la nébuleuse HII NGC346 ; et l’étoile variable theta Tucanae.

Image prise à distance depuis l’observatoire SADR situé dans le nord du Chili. Collaboration entre Emmanuel Valin, Loïck Viger, Alexandre Delarue et Patrick Delay